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03 Mai 2017 - Actualité

Les biosimilaires à l’officine : un marché prometteur

Les ventes de biosimilaires, médicaments biologiques dont le brevet est tombé dans le domaine public, ont fortement progressé en France au cours des dernières années, affichant un taux de croissance annuel moyen de 32 % en valeur entre 2012 et 2016, selon les chiffres du GERS. En ville notamment, les ventes ont cru de façon régulière avec une croissance annuelle moyenne de 19 % entre 2012 et 2016 et représentent ainsi plus de 107 millions d’euros en 2016. Cette forte croissance ne doit cependant pas cacher une particularité française : le taux de pénétration des biosimilaires reste relativement faible comparativement à ce qu’il peut être chez nos voisins. À titre d’exemple, les biosimilaires représentent un tiers des EPO prescrits en France, contre près de 70 % en Allemagne. Pour les anti-TNF, leur taux de pénétration est 2 fois plus important outre-Rhin que dans l’Hexagone. La France semble donc avoir pris un certain retard alors même que les biosimilaires représentent une source d’économies potentiellement considérables, évaluées à 30 millions d’euros pour la seule médecine de ville en 2017. En cause : une ambiguïté persistante sur les règles en matière d’interchangeabilité et de substitution - pourtant reconnues par la loi, mais en attente des décrets d’application - et l’absence de politique d’information et d’incitation des professionnels de santé. Or, les biomédicaments dans leur ensemble représentent 25 % de la dépense de médicament en France et des biosimilaires de molécules très onéreuses devraient arriver sur le marché dans les mois prochains. La vitalité du marché des biosimilaires en ville démontre, s’il en était besoin, que les pharmaciens d’officine ne sont pas hostiles par principe à ces nouvelles molécules. Ils sont même plutôt favorables à la substitution à l’initiation du traitement, mais considèrent qu’une rémunération spécifique est nécessaire afin de préserver l’équilibre financier de l’officine. Enfin, il faut, bien entendu, que la communication entre médecin prescripteur et pharmacien soit adaptée et que la substitution soit bien indiquée et suivie dans le dossier pharmaceutique du patient.
Les Echos Publishing 2017