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03 Avr 2019 - Actualité

MédecinDirect tombe dans l’escarcelle de l’américain Teladoc Health

Fondé en 2008 par François Lescure et Marc Guillemot, MédecinDirect est l’une des premières start-up à s’être lancée dans le téléconseil, puis dans la téléconsultation médicale. En 10 ans, la société, qui a réalisé l’année dernière un chiffre d’affaires de 2 M€, a mis en place plusieurs dizaines de partenariats avec des compagnies d’assurance désireuses de proposer à leurs assurés des services de conseil et de consultation à distance (Groupama, Aésio, Eovi MCD, Thélem…). En rejoignant Teladoc Health, MédecinDirect devient la porte d’entrée du groupe américain sur le marché très convoité en France de la prestation médicale sur internet. Présent dans 130 pays, dont le Royaume-Uni, l’Espagne et le Portugal pour le continent européen, Teladoc Health s’est hissé en 15 ans parmi les leaders mondiaux de ce nouveau marché, avec un volume d’activité de près de 418 M$ en 2018 (+ 80 % par rapport à 2017). Une dynamique de croissance soutenue par plusieurs acquisitions (AmeriDoc en 2014, StatDoctors en 2016, HealthiestYou en 2016, Best Doctors en 2017, Advanced Medical en 2018…). Des opérations qui lui ont permis de développer un large éventail de services de e-santé, à la fois en BtoB et BtoC (téléconsultation, télé-expertise, 2e avis médical, géolocalisation de professionnels de santé, services de soutien psychologique...). Environ 40 % des plus grandes entreprises mondiales ont contracté avec Teladoc Health, de même que 35 des plus importants Health Plans américains et 290 établissements hospitaliers. « En ligne avec notre stratégie de développement international, cette acquisition nous permet de devenir leader sur le marché français et d’avoir un impact immédiat et positif sur la prestation de santé en France », précise Carlos Nueno, en charge depuis Barcelone des activités internationales du groupe. Un marché encore limité en France mais déjà très disputé En France, l’admission de la téléconsultation au remboursement permet de solvabiliser un marché resté longtemps marginal, faute de modèle économique pérenne. D’autant que cette alternative à la consultation médicale physique est activement soutenue par les autorités de santé qui y voient l’un des moyens le plus efficients pour lutter contre les déserts médicaux et désengorger les services d’urgence. D’où l’afflux de nombreux acteurs, des français pour la majorité d’entre eux (Doctolib, Webhelp, H4D, Qare, Telemedicum, Hellocare, Hopimédical…), mais aussi quelques étrangers (les suédois Docly et Kry). Les derniers chiffres communiqués par l’Assurance maladie confirment la montée en charge de la téléconsultation, avec une forte progression du nombre d’actes remboursés depuis le début de 2019, passé de 200 en moyenne par semaine en 2018 à plus de 700 à partir de mi-février. La CNAM s’attend à ce que ce mouvement s’accélère dans les mois qui viennent, à la faveur des derniers accords passés avec les pharmaciens d’officine (signature de l’avenant 15 en décembre dernier), les centres de santé (avenant 2 signé en mars) et les infirmiers libéraux (en cours de négociation). Sans compter le déploiement attendu des solutions permettant à un patient de recourir à la téléconsultation en dehors du parcours de soins. Les premières organisations territoriales de médecins, qui prennent la forme de maisons de santé pluriprofessionnelles (MSP), d’équipes de soins primaires (ESP) ou de communautés professionnelles territoriales de santé (CPTS), sont en cours de référencement pour pouvoir effectuer des actes de télémédecine sans passer par le médecin traitant.
Les Echos Publishing 2019