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20 Mar 2019 - Actualité

La congestion aéroportuaire complique le fret aérien

La croissance du fret aérien ralentit progressivement. Après une année 2017 exceptionnelle et une hausse de près de 10 % de la demande en tonnes-kilomètres, la progression du marché mondial s’est progressivement tassée. Selon les données de l’association internationale du transport aérien (IATA), le trafic n’a ainsi progressé que de 3,8 % en 2018. Surtout, la croissance s’est effondrée en fin d’année, tombant même dans le rouge en décembre. La dégradation de la conjoncture s’est poursuivie en janvier 2019, la demande ayant enregistré sa pire performance mensuelle depuis 3 ans avec une baisse de 1,8 % du fret. L’IATA, qui tablait à l’origine sur une hausse de 3,7 % du trafic en 2019, a été contrainte d’abaisser sa prévision à 2 %. Quelles sont les raisons de ce ralentissement ? C’est une conséquence logique du tassement de la croissance économique mondiale observé depuis la fin de l’année dernière, sur fond de tensions commerciales – entre la Chine et les Etats-Unis, par exemple – et d’incertitudes liées notamment aux modalités (et à l’échéance) du Brexit. Mais à ces perturbations conjoncturelles s’ajoute un autre enjeu majeur qui est, lui, plus structurel. Le fret est confronté depuis plusieurs années déjà à l’engorgement des principaux aéroports mondiaux. Le secteur européen, et a fortiori français, est particulièrement concerné par cette problématique, car le Vieux Continent concentre 50 % des infrastructures jugées saturées, les installations dites « de niveau 3 ». La France en compte 4 : Roissy-Charles de Gaulle, Orly, Lyon-Saint Exupéry et Nice. Or, le transport de passagers, qui ne cesse de progresser, prend la priorité sur le cargo. Une solution pour les acteurs consiste à se détourner vers les aéroports secondaires. À plus long terme, ils peuvent également compter sur les projets d’extension des infrastructures majeures comme Roissy, Bruxelles ou Heathrow à Londres.
Les Echos Publishing 2019