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07 Nov 2018 - Actualité

Le statut de « pharmacien correspondant » refait surface dans le PLFSS 2019

Trop complexe à mettre en place, opposition de nombreux médecins, lourdeur administrative… Les obstacles à la mise en place du « pharmacien correspondant » étaient tellement importants que ce statut n’a jamais vu le jour. Et ce, en dépit d’un décret paru en avril 2011 qui en précise ses modalités opérationnelles : exercice dans le cadre de protocoles de coopération interprofessionnelle (au sens de l’article 51 de la loi HPST) et information du médecin traitant qui a préalablement précisé les posologies minimales et maximales et la durée totale du traitement comprenant les renouvellements. L’objectif initial du « pharmacien correspondant » est d’améliorer la prise en charge des patients souffrant de maladies chroniques et d’éviter les ruptures de traitement. Mais dans les faits, aucun protocole de coopération entre pharmaciens et médecins n’a été signé en 10 ans… Un échec qui atteste des difficultés à concrétiser les transferts de compétences entre ces deux professions pour des raisons qui tiennent à la fois à des questions de responsabilités juridiques et de préservation des prérogatives respectives de chacune des professions. Intégrer ce nouveau droit dans les innovations organisationnelles de soins prévues dans la LFSS de 2018 À la faveur du vote du PLFSS 2019, ce droit que les pharmaciens d’officine pourraient exercer a refait surface grâce à un amendement déposé et adopté en première lecture à l’Assemblée nationale. Il pourrait s’exercer dans le cadre des coopérations interprofessionnelles mises en place dans les maisons de santé pluriprofessionnelles (MSP), les équipes de soins primaires (ESP) et les communautés professionnelles territoriales de santé (CPTS), c’est-à-dire les structures de soins coordonnées qui sont mises en avant dans le plan « Ma Santé 2022 » et qui constituent désormais les pivots des soins ambulatoires. Le statut de « pharmacien correspondant » devrait être prioritairement octroyé aux officinaux exerçant dans les territoires sous-médicalisés. Ils devront avoir adhéré et être signataires du projet de santé défini par l’une de ces structures de soins. Selon le texte de l’amendement, un cahier des charges sera élaboré et validé par le comité technique de l’innovation en santé (CTIS). Il fixera les conditions de mise en œuvre de cette expérimentation : critères de désignation des officines retenues pour participer à l’expérimentation, modalités de suivi et de financement (sans surcoût pour l’Assurance maladie), conditions de renouvellement des traitements et d’ajustement de leur posologie, traçabilité, formation des équipes officinales, etc.
Les Echos Publishing 2018