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30 Oct 2018 - Actualité

Zoom sur l’investissement des entreprises françaises

Le secteur industriel se porte mal en France, alors qu’il tient une forme éblouissante chez certains de nos voisins comme l’Allemagne. Et le faible investissement en serait une des principales causes. Une analyse qu’une récente étude réalisée par la Fabrique de l’industrie, l’OFCE et France Stratégie et rendue publique par Les Echos nous invite à relativiser. Ainsi, à en croire les chiffres diffusés, les dépenses d’investissement des entreprises françaises dans le secteur manufacturier sont plus élevées que dans la plupart des autres pays européens. En 2016, elles pesaient 25,7 % de la valeur ajoutée en France, contre seulement 19 % en Allemagne. Des investissements différents Contrairement à leurs concurrentes étrangères, les entreprises manufacturières françaises concentrent leurs investissements sur les actifs immatériels. La part des investissements en logiciels et en bases de données représente ainsi 21,2 % en France, contre 5,5 % en Allemagne et 4,3 % en Espagne. Selon les auteurs de l’étude, le crédit d’impôt recherche (CIR) jouerait un rôle important dans le choix des entreprises de miser sur des actifs immatériels et sur l’innovation. En revanche, note Les Echos, « les entreprises tricolores investissent peu dans les machines et les équipements et, quand elles le font, il s’agit davantage de renouveler des équipements que de moderniser les capacités de production ». Un sous-investissement productif sur lequel les dispositifs de suramortissement mis en place ces dernières années n’ont que peu d’effet. Au final, les entreprises françaises, notamment les grands groupes, créent et conçoivent de nouveaux produits en France, mais investissent peu pour les produire dans l’Hexagone. Un choix financièrement rationnel mais qui ne se traduit pas, pour notre pays, par des créations d’emplois. Pour Rémi Lallement, coauteur de l’étude et chef de projet à France Stratégie, « il faut bien sûr miser sur l’intelligence, l’économie de la connaissance mais l’enjeu est de combiner mieux ces éléments avec les activités de fabrication et non d’aller vers une France sans usines ».
Les Echos Publishing 2018