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04 Oct 2018 - Actualité

Le Gouvernement évoque la mise en place d’une vignette poids lourds

La réflexion sur les modes de financement de l’entretien des infrastructures routières avance au sein du Gouvernement. Après avoir évoqué une forme d’écotaxe, celui-ci s’orienterait désormais plutôt vers une vignette poids lourds. L’État attendrait des recettes de l’ordre de 500 M€ par an de cette nouvelle taxe. Le principal objectif du Gouvernement est de faire participer à l’entretien des routes les acteurs qui actuellement n’y participent pas, ou quasiment pas. C’est notamment le cas de certains poids lourds qui traversent l’Hexagone par la route sans y acheter de carburant et, donc, sans y payer de taxes. Seulement, les règles européennes sur la concurrence interdisent à la France d’imposer une taxe uniquement sur les poids lourds étrangers. Une vignette poids lourds devrait normalement s’appliquer à l’ensemble des acteurs circulant sur le réseau routier français, camions français compris. Les fédérations et organisations professionnelles insistent depuis des mois sur leur opposition à toute nouvelle forme de taxation du transport routier. Elles rappellent notamment la contribution déjà importante du secteur au budget de l’État, sans que ces ressources soient ensuite affectées à l’entretien du réseau routier. Elles mettent aussi en avant les difficultés des entreprises françaises, qui souffrent déjà d’une faible compétitivité par rapport à d’autres acteurs européens. Et comme lors du mouvement de contestation contre l’écotaxe, les Bretons pourraient prendre la tête de la fronde. Cité par Europe 1, Frédéric Duval, délégué général du MEDEF Bretagne, qui était en charge du Collectif des acteurs économiques bretons contre l’écotaxe, annonçait ainsi que « les Bretons ne se feront pas voler leur victoire sur l’écotaxe. […] La motivation est absolue et c’est un état d’esprit de totale opposition ». De nombreux élus locaux s’opposent également à la mise en place de la vignette, à l’instar de Xavier Bertrand, Président de la région Hauts-de-France. Même Bruno Le Maire, ministre de l’Économie, a mis en garde sur France Info contre le « réflexe pavlovien de la taxe ». La question devrait être tranchée au cours du mois d’octobre, avant la présentation du projet de loi sur la mobilité.
Les Echos Publishing 2018