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05 Sep 2018 - Actualité

Quelles perspectives pour les services en pharmacie ?

Encouragés par les autorités de santé, attendus par les groupements et espérés par de nombreux officinaux, les services pharmaceutiques devraient connaître une nouvelle impulsion grâce à la publication cet automne du décret sur les conseils et prestations en officine. Il s’agit d’une avancée majeure pour la profession, même si certains de ses représentants regrettent que le texte ne prévoie pas spécifiquement la PDA (préparation des doses à administrer) et les soins d’urgence. Il s’inscrit néanmoins dans le prolongement de l’accord conventionnel de 2017 et ouvre de nouvelles opportunités d’activités en lien avec le volet prévention de la nouvelle Stratégie nationale de santé. Mais au-delà du cadre général et des déclarations d’intention, comment les pharmaciens envisagent-ils cette diversification vers les services ? Avec une certaine prudence, selon l’enquête quantitative réalisée en juillet dernier par Les Echos Etudes et Direct Medica auprès de 260 pharmaciens titulaires. Premier constat : leur développement emporte clairement l’adhésion des officinaux interrogés, malgré le modèle économique incertain et le bilan décevant des entretiens pharmaceutiques « asthme » et « AVK » (seuls 26 % des pharmaciens sont satisfaits d’avoir mis en place ces derniers). Mais ce développement ne se fera pas tous azimuts. Car si la vaccination contre la grippe saisonnière est largement plébiscitée (68 % des pharmaciens souhaitent la proposer quand elle sera généralisée), les bilans partagés de médication ne séduisent que la moitié d’entre eux. Quant à l’intérêt de participer à la coordination des soins au sein d’équipes pluriprofessionnelles, le doute subsiste encore largement (34 % ne l’envisagent pas et 45 % demeurent indécis). Principaux freins invoqués : des modalités organisationnelles trop complexes, le manque de temps et des rémunérations jugées trop faibles. La voie vers de nouvelles rémunérations ? D’autres services suscitent l’intérêt : le scan d’ordonnance et la réservation de médicaments prescrits (79 % des pharmaciens affirment qu’ils les proposent d’ores et déjà), la livraison de médicaments à domicile (83 %) ou l’aide au sevrage tabagique (63 %). De même que le dépistage de certaines maladies infectieuses (angine, hépatites, VIH) ou le conseil pharmaceutique à distance, par vidéo et/ou Internet. À condition toutefois qu’ils soient rémunérés car la grande majorité des pharmaciens interrogés n’imaginent pas offrir ces services à leur clientèle ! Or selon ces mêmes pharmaciens, les patients ne seraient prêts à payer de leur poche que certaines de ces prestations (pour 39 % des répondants), voire aucune (pour 47 %)… Le chemin de la pharmacie clinique ou de services risque donc d’être long, à moins que d’autres sources de financement apparaissent rapidement, à l’initiative, par exemple, des complémentaires santé ou des employeurs.
Les Echos Publishing 2018