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10 Juil 2018 - Actualité

L’origine sociale est le premier facteur d’inégalité

Baptisée « Nés sous la même étoile ? Origine sociale et niveau de vie », la note d’analyse de France Stratégie du mois de juillet s’attaque à l’épineux sujet des inégalités de chances. Pour tenter d’y voir plus clair, Clément Dherbécourt, l’auteur de l’étude, s’est basé sur « l’échantillon démographique permanent » de l’Insee des 27-44 ans (soit environ 80 000 personnes). Echantillon à partir duquel il est possible de connaître la profession du père, mais également le niveau de vie global de la famille. L’objectif étant de mesurer l’impact de ces critères sur le devenir de ces personnes. Le poids de l’origine sociale L’inégalité du niveau de vie selon l’origine sociale est particulièrement marquée. Il apparaît ainsi qu’un enfant de cadre supérieur a 4,5 fois plus de chances qu’un enfant d’ouvrier d’appartenir aux 20 % les mieux rémunérés. « Un individu dont le père est médecin ou avocat a 50 % de chance de faire partie des 20 % les plus aisés, celui dont le père est professeur 40 %, mais pour un enfant d’auxiliaire de vie ou d’employé de ménage, la probabilité chute à 12 % », précise l’auteur de l’étude. Concrètement, 47 % de ceux qui gagnent plus de 5 500 € par mois ont des parents cadres supérieurs. Dans cette tranche de revenus n’apparaissent que 10 % d’enfants d’ouvriers. À l’inverse, les enfants d’ouvriers représentent 60 % des personnes les moins bien rémunérées de l’échantillon, c’est-à-dire gagnant moins de 1 075 € par mois. Les enfants de cadres supérieurs ne représentant que 6 % de cet échantillon et ceux des chefs d’entreprise 1 %. Diplôme et conjoint Dans son étude, Clément Dherbécourt a souhaité mettre en lumière la mécanique de reproduction sociale. Et selon ses estimations, « elle transite pour moitié par l’influence qu’elle exerce sur le niveau de diplôme obtenu par l’individu », pour un quart par le statut social du conjoint (homogamie sociale) et pour un quart par un ensemble d’autres éléments d’influence qualifiés de résiduels (patrimoine hérité, réseau social…). L’auteur concluant par le fait que le « déterminisme social s’explique d’abord par une inégalité des chances éducatives ».
Les Echos Publishing 2017