Retour à la liste
19 Juin 2018 - Actualité

L’ascenseur social français est en panne

Si les inégalités sociales ont toujours été présentes dans notre pays, la mobilité sociale, qui permet à chacun d’accéder à un niveau de vie plus élevé et ainsi de les combler, semble ne plus fonctionner. C’est du moins ce qu’il ressort d’une étude de l’OCDE. Ainsi, selon ses auteurs, il ne faudrait pas moins de 6 générations aux enfants nés dans une famille située au bas de l’échelle sociale pour parvenir à atteindre le niveau moyen de revenus. À titre de comparaison, 2 générations sont suffisantes au Danemark et 3 en Finlande ou en Suède pour combler ce gap. Les pays où la mobilité sociale est la plus verrouillée étant le Brésil (9 générations), l’Afrique du Sud (9) et la Colombie (11). En moyenne, dans l’OCDE, 4,5 générations sont nécessaires pour sortir de la pauvreté. Pour illustrer cette immobilité sociale française, l’OCDE propose quelques chiffres :- 35 % des hommes dont le père a de faibles revenus d’activité ont eux-mêmes de faibles revenus d’activité une fois adultes ;- 40 % des personnes dont les parents ont des hauts revenus ont eux-mêmes, une fois adultes, des hauts revenus ;- 68 % des enfants de parents diplômés de l’enseignement supérieur sont eux-mêmes diplômés de l’enseignement supérieur ;- 17 % des enfants de parents ayant un faible niveau d’étude parviennent à décrocher un diplôme de l’enseignement supérieur. Quelques pistes Pour l’OCDE, « il n’y a rien d’inéluctable dans la transmission des avantages ou des désavantages socio-économiques d’une génération à l’autre ». Les différences constatées entre les pays étudiés l’attestent. Trois axes d’amélioration ont ainsi été identifiés par les auteurs de l’étude. Les pays où la mobilité sociale est ralentie, comme la France, sont donc invités à y consacrer des moyens. Sans surprise, le premier objectif à atteindre est de réduire les écarts scolaires entre les enfants issus de milieux sociaux différents (soutien des écoles accueillant des enfants issus de milieux défavorisés, lutte contre le décrochage scolaire…) ; le deuxième vise à réduire le chômage de longue durée (formation professionnelle, meilleur soutien aux demandeurs d’emploi…). Enfin, l’OCDE invite la France à s’attaquer aux inégalités territoriales (éducation, transport…) qui la minent particulièrement.
Les Echos Publishing 2017