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01 Mar 2018 - Actualité

Bilan 2017 en demi-teinte pour Voies Navigables de France

Le trafic de marchandises sur le réseau fluvial français a été mal orienté en 2017. Si le volume transporté sur le réseau géré par Voies Navigables de France est resté globalement stable à 52,4 millions de tonnes (-0,4 % par rapport à 2016), l’activité en tonnes-kilomètres a, quant à elle, diminué de près de 2 % sur l’année. Une baisse qui s’explique notamment par l’érosion continue de la distance moyenne des trajets, qui est tombée en 2017 à 130 kilomètres. Par ailleurs, la mauvaise campagne céréalière en 2016-2017 a pénalisé le transport fluvial, entraînant une baisse de 15,6 % de l’activité en tonnes-kilomètres et faisant passer la part des céréales dans l’activité de 22 % à 17 %. En revanche, grâce à l’amélioration de la conjoncture sur la plupart des marchés clients, le trafic a bondi sur la plupart des segments : matériaux de construction, matériaux industriels, matières premières, etc. Sur le segment des conteneurs, qui représente aujourd’hui 10 % de l’activité du transport fluvial, l’évolution du trafic a fortement varié en fonction des bassins fluviaux en 2017. D’un côté, les ports du Nord de la France comme Lille, Dourges ou Valenciennes ont connu une croissance de 6,6 %. De l’autre, les ports de la Seine (Le Havre, par exemple) et du Rhône (Marseille) ont enregistré une baisse de trafic pour le fluvial. En cause, des coûts de manutention plus élevés que pour le routier et le ferroviaire et qui profitent donc à ces deux modes de transport. Voies Navigables de France anticipe toutefois une hausse de l’activité en 2018, grâce à la reprise du trafic céréalier et à la poursuite de l’amélioration de la conjoncture sur les autres marchés. Seul ombre au tableau, les crues de début d’année ont freiné le trafic sur le réseau fluvial et ont dégradé les rives. D’importants travaux seront donc nécessaires, grevant un budget d’investissement déjà jugé insuffisant par un audit indépendant. VNF devrait ainsi investir 230 M€ par an pour maintenir le réseau, soit 100 M€ de plus que son budget en 2017…
Les Echos Publishing 2017