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01 Fév 2018 - Actualité

Le pavillon polonais toujours dans le peloton de tête dans le transport routier européen

Deuxième pavillon européen, le transport routier de marchandises (TRM) polonais surperforme aujourd’hui largement le marché européen et continue à gagner des parts de marché. Son activité a ainsi bondi de 11,5 % en 2016, selon les données provisoires d’Eurostat, contre 5,9 % au niveau européen et 1,5 % en France. Si le différentiel de coûts kilométriques s’est légèrement réduit par rapport à 2011 (-34 % en 2016 par rapport au TRM français contre -38 %, 5 ans plus tôt), les transporteurs polonais restent extrêmement compétitifs. Le CNR, qui s’est appuyé sur des entretiens auprès des entreprises et des conducteurs polonais pour réaliser cette étude, relève toutefois certaines fragilités du modèle polonais et des inquiétudes de la part des transporteurs. Tout d’abord, la croissance de l’activité repose quasi-exclusivement sur le transport international tandis que l’activité intérieure augmente moins rapidement (+1,9 %). Or, concernant les trajets internationaux, les entreprises polonaises s’inquiètent du durcissement des règles souhaité par certains pays d’Europe de l’Ouest, à l’instar de l’Allemagne et de la France. Enfin, les entreprises sont confrontées à une érosion de leurs marges. En cause, la baisse de la productivité du matériel roulant : les transporteurs ont des difficultés croissantes à recruter et doivent accepter une amélioration des conditions de travail face aux revendications sociales des conducteurs. Ceux-ci demandent des tournées plus courtes et une augmentation de la fréquence des retours à domicile ce qui réduit le kilométrage des véhicules (-14 % par rapport à 2012). Le CNR note, en revanche, que les salaires ont peu évolué, même si certaines primes ont été créées. Face à ces évolutions, les entreprises essaient de maîtriser leurs coûts, notamment en recrutant des conducteurs d’autres nationalités ou en gérant mieux leurs autres postes de charge. La baisse des taux d’intérêt et des prix du gazole a, en particulier, permis de limiter la baisse des marges.
Les Echos Publishing 2017