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07 Déc 2017 - Actualité

Revenus des pharmaciens d’officine : des évolutions de plus en plus hétérogènes

Mieux vaut exercer dans le nord de la France et être soumis à l’IS qu’être installé dans le sud et exercer en entreprise individuelle… C’est ce qui ressort très schématiquement de la dernière étude de l’Insee publiée en novembre dernier sur les revenus des pharmaciens d’officine. Ceux-ci sont, en effet, nettement plus élevés dans les départements de la moitié nord de l’Hexagone ; ils sont mêmes 20 % supérieurs à la moyenne nationale dans 7 d’entre eux (Manche, Seine-Maritime, Aisne, Meuse, Moselle, Bas-Rhin et Indre). Une situation qui s’explique par la plus faible densité du réseau et donc une moindre concurrence entre officines. Alors que dans les départements du sud de la France, le nombre d’habitants par pharmacie est en moyenne moins élevé que dans le reste du pays. Les auteurs de l’étude notent ainsi qu’une officine entourée de 4 à 9 concurrentes génère des bénéfices inférieurs de 6 % comparé à une officine sans concurrence directe dans un rayon d’un kilomètre (voire 15 % de moins quand elle en entourée de 10 officines). Autre constat : la sensibilité des revenus au profil et à l’âge de la clientèle. La rémunération augmente de 4 % quand la part des enfants de moins de 14 ans progresse de 1 point au sein de la population locale et dans un rayon d’un kilomètre. Elle évolue aussi positivement de 2 % quand la population des 75 ans et plus augmente d’1 point dans le même périmètre. Par ailleurs, l’étude révèle que les revenus moyens des titulaires varient du simple au double selon le régime d’imposition de leur officine : 121 400 € pour les entreprises individuelles, 116 800 € pour les sociétés soumises à l’IR et 59 400 € pour celles soumises à l’IS, catégorie pour laquelle les pharmaciens optent de plus en plus (46 % d’entre eux en 2014 contre 25 % en 2009) en raison du développement important des SEL (sociétés d’exercice libéral) et des SARL (sociétés à responsabilité limitée). Des régimes d’imposition qui expliquent aussi les évolutions contrastées que l’Insee observe sur la période 2009-2014. Après l‘impact négatif de la récession de 2009, les revenus des titulaires sont repartis à la hausse en 2010 et 2011, et ce quelque soit le régime fiscal. Mais en 2012, de fortes disparités apparaissent : les revenus baissent ou stagnent pour les titulaires soumis à l’IRPP, mais progressent pour ceux soumis à l’IS. Et ces évolutions s’inversent en 2013… pour se ré-inverser dans l’autre sens en 2014 ! Des évolutions contraires et contrastées qui s’expliquent principalement par des effets conjoncturels (impact de la ROSP) et par l’impact des mesures de régulation économique sur le chiffre d’affaires et la valeur ajoutée des pharmacies.
Les Echos Publishing 2017