Retour à la liste
12 Juil 2017 - Actualité

Démographie officinale : 1 100 pharmacies de moins en dix ans

Si le nombre global de pharmaciens inscrits à l’Ordre se maintient aux alentours de 74 440, les différentes sections ont, en revanche, connu en 2016 des évolutions contrastées, confirmant la perte d’attractivité des filières de la pharmacie et de la biologie médicale. Avec respectivement -1 % et -1,6 % par rapport à 2015, les nombres d’inscrits dans ces deux professions poursuivent leur repli, alors que les effectifs des sections B (pharmaciens de l’industrie) et H (pharmaciens exerçant en établissement de soins) sont en augmentation (+2,4 % et +1,9 %). En nombre de points de vente, le réseau officinal poursuit aussi sa tendance baissière, avec -188 officines sur l’année 2016. Soit sur 10 ans, une « perte » de 1 158 pharmacies (-115 en moyenne annuelle). Face à cette évolution, l’analyse du Conseil national de l’Ordre des pharmaciens se veut rassurante, mettant en avant la restructuration du réseau, au travers des transferts et des regroupements de licences (45 % des fermetures) et des liquidations judiciaires (55 %). Sans que cette restructuration ne dégrade toutefois le service pharmaceutique auprès des populations et ne fasse apparaître des « déserts pharmaceutiques » comme il en existe au niveau médical. Rappelons, en effet, que parmi les pays d’Europe de l’Ouest, la France se distingue par la densité élevée de son réseau, avec en moyenne près de 3 000 habitants par pharmacie, contre plus de 3 300 en Italie, 3 900 en Allemagne et plus de 5 500 au Royaume-Uni. La situation actuelle du réseau officinal confirme ainsi le diagnostic posé par l’Inspection Générale des Affaires Sociales fin 2016 (dans son rapport sur « La répartition du réseau des pharmacies d’officine »), selon lequel la quasi-totalité de la population française (97 % exactement) vit à moins de 10 minutes en voiture d’une pharmacie et que plus de 90 % des officines sont actuellement situées dans des zones en « surdensité officinale ». Les rapporteurs de l’IGAS considèrent donc que le maillage actuel est globalement adapté aux évolutions démographiques et à la réorganisation de l’offre de soins sur les territoires.
Les Echos Publishing 2017